30 novembre 2008
Les Pourquoi du dimanche
Pourquoi associer toujours la convivialité ou la rencontre à la consommation ?
Je m'explique : On ne dit pas "on peut se voir ?" mais "et si on se prenait un café ?", "on va prendre un verre ?", "un apéro, ça vous dirait ?", "on mange ensemble ?", "autour d'une bière ?"...
Quel besoin de prétexte et de mise en scène pour échanger de l'Humain ? En plus dépenser de l'argent qu'on refile à quelqu'un dont on ne sait même pas ce qu'il en fera. Peut-être achètera-t-il des cigarettes ou un fusil avec. Sans compter, les conversations inutiles "On se met là ?" "Tu préfères en terrasse ?" "2 cafés s'il-vous-plait. Serrés s'il-vous-plait". Et encore quand c'est du thé faut parler de la couleur, des parfums, quand c'est de la bière, de la marque, de la quantité, de la provenance et quand c'est un steak, de la cuisson. L'écrire, c'est déjà fatigant.
Aucun intérêt tout ça.
Quand je veux voir quelqu'un, ça ne me donne ni faim, ni soif.
Si j'ai faim et soif, c'est de regards, de mots, d'émotions. Je m'abreuve du Pourquoi ce voile devant les yeux, du Quel mystère derrière, du Comment redresser ces épaules, de la découverte d'une histoire, d'un passé, de bonheurs, de blessures, de projets. Je me régale d'une main serrée, d'un bisou sur le front, d'une bise lèvres/joue (et pas joue/joue, ridicule). Je prends plaisir à ajuster des pas. Je relève des paroles. J'y cherche du sens. J'y débusque des lapsus. Je m'émeus d'une goutte d'eau qui fait loupe sur la peau. J'enregistre des rires. Je commande des larmes ou les sèche. Je donne. Je reçois. Je frôle. Je mains tendues. J'apprends...
Alors cette table, ce verre, ce tavernier ne m'aident en rien. Ils me dérangent. Ils coupent les conversations. Ils font commerce de l'Humain.
Je veux qu'on me fixe des rendez-vous dans la Vie, pas chez un numéro SIRET.
29 novembre 2008
Vie
28 novembre 2008
Vivre ne suffit pas (recyclage)
Déjà paru chez Claudiogène le 27 décembre 2007
Le monde et les humains ne sont pas des toilettes qu'on doit laisser dans l'état où on les a trouvés.
Naître, manger, boire, faire ses besoins, dormir, travailler, s'amuser et éventuellement faire des enfants, puis mourir ne suffit pas.
Se borner à ne pas faire de mal ne suffit pas.
Faire la charité en croyant œuvrer pour le monde ne suffit pas.
Consommer pour donner du travail ne suffit pas.
A quoi bon vivre si c'est inutile pour l'humanité.
Nous pouvons plus. Nous pouvons mieux.
Cette ambition est à la portée de chacun.
La
conscience, l'éveil permanent et la vision globale permettent d'agir à
chaque seconde pour un monde meilleur. Le danger du "meilleur"
subjectif et partisan s'éloigne, si, à chaque instant, la remise en
question est totale.
Détestable idée très répandue selon laquelle la vie serait une question de goûts et de couleurs.
Ceux-ci ne se discutant pas, le statu quo et le pessimisme ne sont pas loin.
Les
points de vue ont d'autres qualités ; ils bougent, se confrontent,
créent de l'échange et ouvrent des portes donc des possibilités. Le
changement et l'optimisme s'invitent.
Si, au pied de mon
cercueil, une seule personne pense que je n'ai pas servi à rendre le
monde meilleur ne serait-ce que de l'épaisseur d'un cheveu,
Réveillez-moi, je veux revenir, c'est que j'ai encore du boulot !
Nos devoirs sont plus importants que nos droits.
Et notre premier devoir est de remplir notre mission :
Laisser le monde et les humains dans un meilleur état qu'on les a trouvés.
27 novembre 2008
Sermon d'athée
Jésus aimera les pauvres et Dieu s'occupera des riches.
C'était le contrat.
Ils se sont bien partagé le boulot ces deux-là.
Rien n'a changé.
C'est le constat et la cause en même temps. Les tours de magie du premier font long feu quand le pouvoir du second est d'une autre nature.
Une petite révolution, une petite crise, une élection et pour finir, les protégés de Dieu sortent vainqueurs. Toujours.
Multiplier des baguettes ou inventer le football, ça ne rend pas leur dignité aux hommes. L'autre a la notice mais ne la délivre pas ; il faut la lui voler.
Pauvre ? Riche ? Etat d'esprit. Pas plus.
Que jeune, on choisisse Jésus, communiste notoire, rien de plus normal. Mais, c'est vision à court terme. Dieu, c'est le Big Boss, il l'emporte toujours.
Avec le temps, on y gagne à flirter avec le haut de l'organigramme.
Aucune trahison. Aucun renoncement. Une évolution, voilà tout.
Au lieu de jalouser le riche, soyons riches.
Pensons Dieu et pas Jésus.
Pensons Riche et pas Pauvre, Grand et pas Petit.
Pensons Humain et pas Social, Divin et pas Terrestre.
Dieu est plus haut, mais Dieu est plus près.
Ouvrir la porte sur Dieu, c'est ouvrir la porte sur soi. Juste un miroir qui renvoie tout le pouvoir, donc toute la responsabilité, donc toutes les possibilités.
Athée, c'est donc suffisant. Être athée, c'est savoir qu'on est Dieu. Athée et optimiste, c'est bien. Athée et volontaire, c'est mieux. Athée, libre et tout-puissant... sur sa zone d'influence, Soi.
(Il y a quelques années, notre fils, qui avait besoin d'un conseil, nous pose une question, un peu solennellement. Et ajoute : "Attention, à votre réponse. Pensez riche !"
Belle leçon à ses parents. Qui n'avaient pas l'intention de penser pauvre d'ailleurs. Mais c'était bien qu'il l'ait dit)
26 novembre 2008
Le monde va mal
Le monde va mal.
Dans les jardins publics, les propriétaires de chiens ne parlent qu'aux propriétaires de chiens.
Le monde va mal.
Devant les écoles, les propriétaires d'enfants ne parlent qu'aux propriétaires d'enfants.
Le solitaire célibataire privé de tout public, rumine quand passe un rêve.
Elle est belle, elle est longue, aussi rousse que son teckel, et n'adressera la parole qu'au papy jumeau de son cocker, paupières tombantes comme oreilles. C'est pas du jeu. C'est pourtant lui qui l'a vue le premier. Faut faire la queue normalement, comme tout le monde !
Autant son chien rampe, autant elle vole. Copie vivante des Parisiennes de Kiraz, elle est néanmoins, plus sage et plus réservée. Elle est de ces femmes qu'on demande en mariage avant de leur dire Bonjour pour la première fois.
Le timide achèterait un chien dans la seconde si c'était possible afin de communiquer, communier...
Vaincu d'avance comme toujours, il quitte les lieux, un peu honteux tout de même de cette émotion quasi incestueuse, car la belle pourrait être sa fille, c'est sûr. La raison a un sursaut : Ce n'est pas sa fille !
Il enfile son gilet jaune-fluo et se poste au passage protégé. C'est son boulot de 16h 30. Il fait traverser avec précaution ceux qui vont payer sa retraite. C'est le sens avouable qu'il a trouvé à cette activité. Au fond de lui, il sait qu'il n'est qu'un voyeur de jolies femmes.
Tout à coup, un teckel roux passe. "Gilet-jaune" lève la tête. Sa Vénus rousse est là, indifférente, propriétaire de deux chiards en plus du chien.
Il n'a qu'une envie, lui en faire un troisième rien qu'en pénétrant son regard. Tu parles ! Les yeux de Miss Monde caressent sa descendance.
Le monde va mal, vous dis-je.
Les gilets jaunes sont invisibles aux frimousses rousses et les propriétaires ne parlent qu'aux propriétaires.
On dit que la qualité comme la quantité des spermatozoïdes déclinent dangereusement... (Le monde va mal, vous dis-je). Même en Italie ? Si ça, c'est pas une preuve...? Le monde va mal.
25 novembre 2008
Tribune libre à... Barbara
Ce blog est ouvert à ceux qui souhaitent publier un billet personnel. Il suffit de me l'envoyer par mail et ensuite on s'arrange, on se débrouille.
On débute avec cette Tribune Libre à Barbara (cette fois, c'est moi qui l'est sollicitée). J'ai aimé le texte qui suit et... enfin, vous verrez. C'est en allant jusqu'au bout de la lecture qu'on l'apprécie vraiment. (J'ai rencontré Barbara lors d'une course, il y a deux mois)
Merci pour ta confiance Barbara.
Je cours......
Après quoi me direz-vous ? Après rien, sûrement après personne, ou peut-être si, après moi-même, je cours après ce que j’étais et ce que fatalement je ne suis plus car comment arrêter le temps et ses ravages… ? Alors je cours, je cours pour moi, pour tout ce que cela m’apporte au quotidien, pour tout le bien généré par cette pratique si simple….
Oh, ce ne fut pas inné chez moi, bien au contraire.
Je me souviens des cours de gym au collège lorsque nous devions courir et être notés… Misère, j’étais nulle !
Il m’a fallu attendre 33-34 ans pour comprendre à côté de quoi j’étais passée. Il a fallu attendre la maladie de mon père et les conseils de son médecin « Monsieur, vous voilà à la retraite, (anticipée certes), mais je vous conseille de marcher, cela vous fera le plus grand bien ».
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le voilà tous les matins parti vers 8H30 pour sa boucle journalière.
Comme ça tombe bien, je suis au chômage à cette époque! Plus de sous pour pratiquer du sport en salle comme je l’ai fait pendant des années, il ne me reste plus que mes baskets et mes jambes. Alors forcément papa me propose de l’accompagner de temps en temps… Un peu à reculons au début, les premiers temps, je prends vite plaisir dans nos échanges, dans cette complicité qui s’installe entre nous, celle d’un père et d’une fille qui s’aiment très fort mais qui n’ont jamais osé se le dire….
Nous parlons de tout et et de rien, de la pluie, du beau temps, des souvenirs, des uns, des autres, de la vie quoi ! C’est très agréable, mais il a presque 30 ans de plus que moi et son souffle n’est pas aussi fluide que le mien. Ancien instit', il connaît l'incidence de la flatterie pour réveiller un égo en berne, il aime bien me valoriser en me disant « Tu es plus rapide que moi ». Dans les montées le verbe se raréfie alors que je peux continuer. Très vite il adopte le MP3 et moi, une marche un peu plus rapide, nous partons ensemble mais des écarts se créent entre nous, j'opte alors moi aussi pour le MP3 et des playlistes "sur-mesure" et trottine à sa hauteur jusqu’au moment où, tel le maître d’un jeune chien fougueux que je suis devenue, il me dit « vas-y cours si tu veux, tu ne va pas continuer à marcher alors que tu peux courir ». Et c’est là que tout a commencé… Mes jambes ont pris l’habitude de se dérouler plus régulièrement, un sentiment de légèreté s’est emparé d’elles.
Un jour , à force de trotter à ses côtés, j’ai pris mon envol ou plutôt je me suis mise réellement à courir.
Peut-être aussi la chance d’habiter dans une région où le soleil est souvent de la partie y est pour quelque chose… je me souviens d’une des premières sensations que j’ai ressentie quand, arrivée sur la Moyenne Corniche, je me suis rendue compte que je l’avais fait, j’avais grimpé ces presque 3 km sans m’arrêter, le souffle presque régulier.
Quelques gorgées d’une eau fraîche prise à la fontaine, quelques pas vers le point de vue et là, ce panorama que je connais par cœur s’étalant sous mes yeux…. Ce que j’ai ressenti est indescriptible, un état second, un bien-être immense et une admiration pour cette vue fantastique, la Rade de Villefranche…. La douceur toute relative de ce mois d’avril qui doucement avait chauffé mes membres au fur et à mesure de cette côte, la musique se déversant dans mes oreilles, un ciel bleu azur digne des plus beaux ciels d’hiver, la mer scintillant déjà comme parée de milles paillettes et ce calme en moi….. à ce moment je me suis dis, les larmes aux yeux « C’est ça le bonheur »…. Je ne savais pas que l’on pouvait ressentir tout ça en même temps, je me suis sentie comme en communion avec tout ce qui m’entourait… plus rien n’avait d’importance, rien ne pouvait m’atteindre. Je souhaite à chacun de vous, de ressentir un jour une telle ivresse sans avoir besoin d’aucune drogue, ni goutte d’alcool.
Et puis je me suis lancé des défis, des courses, retrouver l’euphorie de cette masse gonflée à bloc fut aussi un plaisir intense ; je me souviens de mon premier 10 km de Nice, toute cette agitation autour et moi, concentrée avec un but à atteindre, mettre moins d’une heure…. La ligne de départ et au coup de sifflet le cœur qui s’emballe « Ca y’est, j’y vais », ces montées tant appréhendées et cette arrivée sous les applaudissements de mon mari et de ma fille le sourire aux lèvres « je l’ai fait, j’en ai été capable, 58 mn ! »
Il y a eu d’autres courses, d’autres entraînements mais ces deux moments furent les plus forts. Aujourd’hui je cours encore régulièrement, peut-être à la recherche de ce bonheur si particulier atteint alors que je ne m’y attendais pas…
Je sais que depuis, la course à pied est devenue mon principal défouloir, mon équilibre. J’ai retrouvé du travail mais je continue à m’entraîner, à la recherche de mon bien-être, de ce sentiment de toute puissance et pendant ce temps je crois que rien ne peut m’atteindre, ni les idées noires, ni la haine…. Les idées passent fluides, traversent mon esprit mais ne s’y arrêtent jamais, aucun tracas, bien au contraire comme par magie tout se transforme et s’évacue…..
Ah, et j’allais oublier, mon âme est guérie mais mon corps me direz-vous ? Mon corps, j’ai apprivoisé et appris à aimer l’image que le miroir me renvoie, un corps véritablement transformé (au moins à mes yeux, mais n’est-ce pas le plus important) plus tonique, plus nerveux, un corps que j’aime enfin dans sa globalité et plus en petits bouts comme avant.
Lancez-vous, faites-vous confiance, un peu de persévérance et vous verrez… Vous viendrez me dire !
A vos marques.. Prêts…… Partez !
24 novembre 2008
Les procès d'intention
La meilleure défense, c'est l'attaque.
Installons un rapport de force.
Il faut montrer les dents pour impressionner.
Faisons une grève préventive.
Envahissons le sud Liban avant qu'on nous attaque chez nous.
Si on ne fait pas cela, l'autre va le faire.
L'Autre est hostile.
Méfions-nous ; imaginons le pire.
C'est du conflit que naissent les solutions. Créons-le.
etc. etc.
Autant de pensées, d'actions et de croyances absurdes, destructrices et inhumaines.
Non seulement, je ne les comprends pas mais je les rends responsables de tous les maux de notre société.
En fait, les responsables sont ceux qui ont ces comportements, bien sûr.
Je suis le ravi de la crèche ?
J'assume.
Bien entendu, c'est assez facile de voir que tout cela est guidé par la peur, donc la faiblesse.
Le pire est d'entendre chaque camp le reprocher à l'autre. C'est risible.
C'est ce que je fais ?
Je ne le crois pas.
Je crois qu'on peut régler toutes les divergences de vues, sans conflit, sans rapport de force, sans esprit partisan. Donc sans avoir besoin de faire un procès d'intention.
J'essaie de me tenir à cette règle.
Ne pas se méfier ne veut pas dire qu'on n'est pas vigilant. Vigilant sans être tendu. Vigilant et confiant.
Et on ne se fait pas forcément avoir par naïveté. Je connais mes droits et je sais les défendre quand c'est nécessaire sans avoir besoin de rabaisser l'éventuel agresseur ni de me surprotéger en prenant les devants.
C'est vrai que c'est plus facile quand on n'est intéressé ni par le pouvoir, ni par l'argent, ni par la compétition. Je sais aussi que ce genre d'affirmation apparait aux yeux de certains comme le summum de l'orgueil.
Je n'y peux rien. Je dis la vérité. Et ma conscience est bonne copine.
Contrairement à l'anti-consumérisme individuel qu'il serait dangereux d'appliquer à la macroéconomie, la béatitude choisie et assumée pourrait être une solution pour changer des rapports humains inhumains.
La seule solution, c'est de commencer par soi sans savoir si les autres suivront et quelles qu'en soient les conséquences.
23 novembre 2008
Les Pourquoi du dimanche
"Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?"
22 novembre 2008
21 novembre 2008
Robert et Claudio sont Rouges
Cette année-là, Claude François vient de mourir et Jacques Brel s'ennuie de Jojo. Il le rejoindra dans quelques mois au paradis des âmes sensibles.
Robert et Claudio dénigrent facilement les sirupeuses mélodies du premier et se reconnaissent sans conteste dans la lucide poésie du second.
Ils sont largement minoritaires sur leur lieu de travail. Ce clivage sans grand intérêt va en révéler d'autres plus étonnants.
Ces deux-là sont, communiste pour l'un et sympathisant pour l'autre. C'est vous dire qu'ils ont des idéaux. Mais, ils sont aussi les commerciaux de cette petite agence bancaire d'une banlieue huppée.
Par souci de cohérence, ils ont décidé de proposer, à l'ensemble du personnel, un pacte fraternel.
Nos vingtenaires sont les seuls à recevoir des primes basées sur le placement des produits bancaires à la clientèle. Aucun des deux n'a le moindre doute sur l'éthique et la morale avec lesquelles, ils font leur travail. La prime est Résultat et jamais But.
Ces commissions restent très modestes. Quelques centaines de francs représentant au maximum 10 à 15% de leur salaire fixe.
Partant de l'idée que plus ils produisent plus leurs collègues devront travailler, il leur semble équitable de partager les primes. Une mutualisation des bénéfices d'un travail fourni par chacun. (Pour ne pas compliquer, ils paieront eux-mêmes la part fiscale. Peu importe)
L'idée est innovante et tranche avec les habituelles compétitions sauvages entre employés, pourtant aussi prolétaires les uns que les autres.
Avantage supplémentaire : Cela ferait taire les récurrentes jalousies et apporterait harmonie et camaraderie au sein de l'équipe.
Un repas est organisé et Robert expose la chose avec une certaine fierté.
Tolé général. Il faut vous dire messieurs que chez ces gens-là, on a peur. Tout le monde refuse. Personne n'en veut. Trop risqué. Trop impliquant. Trop de compromission avec le Grand Capital. Trop généreux pour être honnête.
Déception des idéalistes. Ils remballent. Dommage, ça les aurait bien motivés dans leur travail cette histoire. N'en parlons plus. Plus tard, ils achèteront gâteaux et friandises pour l'agence sans dire d'où vient l'argent.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là.
Robert et Claudio sont convoqués chez le directeur.
Cette proposition équitable et fraternelle est considérée comme de la rébellion au système. Il faut que cela cesse.
Cela cessa.
Nos Breliens quittèrent la banque un jour, délestés de quelques illusions, bien sûr.
Ils se persuadèrent, s'il en était besoin, que les fans de Cloclo manquaient d'ambition et que l'un d'entre eux, au moins, était un délateur.
Ils découvrirent que les petites gens n'entendaient rien en Solidarité et encore moins en Révolution.
Ils comprirent qu'il ne fallait jamais ôter l'objet de leur plainte aux médiocres ; par instinct, ils s'accrochent à leur raison de vivre.



