31 octobre 2009
La clé. Le secret. (Louis-Paul)
Après avoir vidé ma Corbeille à sujets de blogs, j'avais proposé de publier vos inspirations.
Alors dans la série "Les poubelles des uns font un malheur chez les autres", voici une nouvelle contribution signée Louis-Paul :
"Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c'est que vous n'êtes pas assez près" Endre Erno Friedmann plus connu sous le nom de Robert Capa
30 octobre 2009
Aller et venir
Aider à perdre la raison
Ne plus dire que l'arabe c'est du chinois
Caresser la brise pour lui rendre la pareille
Faire l'amour à une blonde malheureuse
Fuir les jeux de mots qui s'invitent
Ne plus se demander ce que pense un galet
Compter les couples harmonieux et en tirer des conclusions
Suivre le premier venu comme un détective
Prier pour qu'un talon casse afin de venir au secours
Apprendre à nager sur le dos sous hypnose
Économiser ses forces et ses faiblesses
Entamer la conversation et en reprendre
Caresser les autoroutes comme des cicatrices amies
Prendre un nom de scène dans la salle de bains
Brancher son désir sur le secteur
Exprimer à haute voix ce qu'on ose à peine penser
Déclarer hors-la-loi la mauvaise foi
Croiser une inconnue et la débaptiser
Partager la misère de gré ou de force
Aller et venir
29 octobre 2009
Marianne (suite)
Jamais jumelles n’auront été si différentes. Sorties du même ventre ? Impossible, pensaient l’une et l’autre.
Vingt ans de vie commune à ne pas s’entendre, ni s’écouter, à ne pas se comprendre, ni s’apprécier. Elles étaient, à elles seules, le dictionnaire des antonymes. A la blonde le sucré, la mode et les garçons. A la brune le salé, le journal intime et les filles.
De recherche d’identité en esprit de contradiction, elles avaient construit une ligne de démarcation rassurante et hermétique mais tranchante et dangereuse.
Pour les copines, elles étaient "fille unique". Aucune des deux n’auraient revendiqué un quelconque lien de parenté avec l’autre.
Chacune leur tour et parfois en même temps, elles faisaient le malheur de Marianne ; une mère désespérée. Elle qui avait bousculé toutes les conventions, qui avait réalisé les plus grandes de ses ambitions, avait aussi enfanté deux filles-récipients, une cruche et une gourde.
La première courait les castings pour épouser une carrière indéfinie entre actrice et poule de luxe. Des photographes free-lance profitaient horizontalement de son ingénuité et les chirurgiens-esthétiques entendaient le bruit du tiroir-caisse dès qu’ils l’apercevaient. Une caricature de fille.
La seconde voulait sauver des vies déguisée en garçon. De pompier bénévole, elle visait le professionnalisme à force d’engagement et de sacrifices reconnaissables et flatteurs d’égo. Une caricature de fille.
Un quart de siècle plus tôt Marianne avait claqué la porte et inventé un Rastignac féminin et éthique. La capitale, bonne copine, la construisit. Elle voulait deux filles. Elle les eues. En même temps. Pour faire plus vite. Elle les éleva. Seule. Pour faire plus simple. Sa carrière d’avocate et ses positions féministes lui avaient valu mille récompenses et une réputation de force de caractère hors du commun. Mais rien n’était parfait. Cette mère avait acquis la certitude que parfois les chiens font des chats.
Elle ne digérait pas l’idée que les ambitions des unes valaient celles des autres. Sa paire de jumelles ne voyait pas loin. Bien qu’aux antipodes, elles se retrouvaient dans leur mollesse. Pas le genre à claquer des portes, à bousculer le temps, à réécrire l’avenir. Marianne voyait ses filles comme dans un tableau de Dali, portes et pendules molles, dégoulinantes, sans structure, sans squelette.
C’est triste d’avoir honte de ses enfants.
…
Les journaux dissertèrent quelques jours sur la femme symbole qui avait maitrisé son destin... Jusqu’au bout. Le comité des Nobel réfléchissait.
Pendant que deux jeunes adultes orphelines jetaient, l’une une rose, l’autre une violette, dans un trou hostile et médiatisé.
28 octobre 2009
J'ai... du vrac
- J'ai appris que 20% de la population n'a que deux phalanges au petit orteil.
- J'ai appris que, sans compter les revirements à venir, le tram passera devant chez moi en... 2016.
- J'ai appris que quand je vais prendre mon train et qu'il n'est pas là pour cause de grève, c'est pour mon bien.
- J'ai appris qu'une salle de théâtre vient de s'ouvrir près de chez moi. La Comédie de Nice.
- J'ai trouvé drôle de relever que la vie monacale n'a aucun lien avec la vie à Monaco.
- J'ai apprécié l'interview du déprimant Jean-Louis Murat à la télévision. Surtout lorsqu'il a écorché Léo Ferré. J'aime cette franchise avec ceux qu'on aime.
- J'ai constaté que les règlements de comptes médiatiques entre ex-époux étaient toujours le fait des femmes.
- J'ai été très étonné qu'un journaliste nous livre les propos d'un des 3 expulsés afghans accusant la police de lui avoir retiré son... MP3.
- J'ai compris que regarder par terre, c'était parfois intéressant :
27 octobre 2009
Marianne
Marianne était jolie. Elle le savait. Depuis le berceau, on le lui chantait sur tous les tons.
Programmée jolie. Il y a pire. Mais, programmée quand même.
D’entrée, elle prit le contre-pied. Mieux que jolie. Plus que belle. Elle serait Rebelle.
Des premiers spectacles scolaires aux multiples phares qui se présentaient, elle refusait les sunlights. Elle ne serait jamais Princesse. Elle se voulait ordinaire.
Jolie, c’était bon pour les creuses ! Elle, était pleine, entière, compacte, riche, robuste, fiable.
Que le bruit de ses pas déplace des montagnes ! Que le battement de son cœur enfante des révolutions ! Que le feu de ses entrailles réchauffe les humbles ! Que la force de son esprit stimule, emporte, contamine !
En coulisses. En catimini. En sourdine.
Alors, elle construisit à force de volonté et de solitude bien employée, son château intérieur. Austère et solide, résistant et monacal. Elle durerait, elle donnerait.
Ses proches avaient tout tenté. Les stratégies à quatorze bandes n’avaient plus de secrets pour eux. Désespérés, ils finirent par céder.
Elle ne serait ni star, ni mannequin, ni Miss Monde.
- Orientons-la vers le
social. Elle est si généreuse, si altruiste. A défaut d’être bon pour le compte
en banque, le social, c’est bon pour la conscience.
Et puis, pour une
fois, les pauvres auront une assistante, jolie.
Que n’avaient-ils pas pensé ?
Le jour de ses 17 ans, Marianne livra une tirade qui servit d'assise à l'histoire de la famille ; honte pour les uns et fierté pour les autres.
- Assistante sociale ? Et puis quoi encore ? Pourquoi pas dame patronnesse pendant que vous y êtes, hein ? Vous y avez pensé à dame patronnesse ? Quelques cours de tricot, deux, trois bondieuseries, un col roulé noir et les nécessiteux creuseront ma tombe avant l’heure.
Assistante sociale ! Formidable ! Il doit bien exister des cours d’empathie et de larme à l’œil, des catalogues de bons sentiments et des formations à la paperasse humiliante.
Jusqu’à aujourd’hui, vous vouliez que j’ai le feu au derrière. Et il n’est jamais venu. Désormais, vous voulez tout éteindre, fermer les écoutilles, assécher la jolie Marianne, la rendre serviable, servile et présentable. De conne bonne à bonne conne en quelque sorte. Revoyez votre copie.
La jolie Marianne, elle se fout des princesses et des groupies, des assistantes et des assistés, de vos projets et de vos fauteuils. La jolie Marianne, vous le dit tran-qui-llement, elle va prendre ses affaires, elle va passer la porte, elle va faire des choses qui attendaient leur heure dans ce ventre adolescent.
Merci pour vos biberons et merci pour ce déclic. Faites comme si je passais. D’ailleurs, je passais.
Belle ambition, jolie ! Belle réussite, infirmière sociale et administrative ! Belle récompense, cul à l’air et papier glacé !
Marianne, n’était plus jolie. Marianne était belle comme la Révolte.
Marianne s’envola, à cheval sur ses tripes.
Marianne avait mieux à être.
26 octobre 2009
De Monaco au fief de Louis-Paul
Le fief de Louis-Paul 25 octobre 2009
25 octobre 2009
La Question du Dimanche
Comment peut-on expliquer l'attitude suivante?
Pendant des jours, certains (journalistes, politiques, simples citoyens) demandent le retrait d'une disposition, d'un projet de loi ou d'une candidature.
Ils finissent par l'obtenir.
Au lieu de s'en réjouir, ils continuent à dire que ceci, que cela, trop tard, trop bleu, trop salé, trop rêche, va savoir.
Pourquoi ?
J'ai bien un début de réponse, mais je me trompe peut-être.
J'imagine que ce n'est pas un retrait qu'ils désiraient, mais la déstabilisation de quelqu'un.
Par conséquent, on peut imaginer que la mauvaise foi, associée à la malhonnêteté intellectuelle, a encore servi à créer du conflit et du désordre.
Conflit et désordre que ceux-là même s'empressent de dénoncer.
Mais, je vous dis, je n'y connais rien moi.
Si quelqu'un pouvait m'éclairer, ce serait formidable.
24 octobre 2009
L'amour fauve
23 octobre 2009
Comment j'ai lu Onfray
Depuis "La Puissance d'exister" et le "Traité d'athéologie", j'avais délaissé quelque peu Michel Onfray pour les raisons expliquées au début du premier lien. Bref.
J'ai pris plaisir, aiguillonné par un ami, à "lire" sa dernière parution : Le Recours aux forêts - La tentation de Démocrite. La présentation de l'éditeur est très éclairante sur le contenu. Bref.
Sur le chemin du tonneau, un recours aux forêts éclaire, d'ombre par l'extérieur et de lumière par l'intérieur. Seul dans son tonneau, dans sa forêt, on n'est pas seul. Bref.
L'étonnant dans cette lecture a été la prise de pouvoir du bouquin : Couverture blanc cassé rêche comme il se doit, format "raquette de ping-pong" [format du bouquin : allongé, comme "l'histoire de la musique" que nous avions en 6ème ou 5ème, ce format nous permettait, à mes frères et moi, de jouer au ping-pong, à la maison : une balle, la table de travail de ma mère, couturière, au milieu deux bobines de fil sur lesquelles nous posions le mètre en bois et voilà le filet. Pour les raquettes un "histoire de la musique" et un autre bouquin, tout était prêt] 80 pages aérées et 3 parties distinctes.
Première partie : Impossible de ne pas la déclamer. Un état des lieux. Un cri. Un poème violent. Une révolte. Donc, à très haute voix. Par le ventre. (j'étais seul). "La compagnie des hommes distrait de la seule vraie compagnie : Celle de soi..."
Deuxième partie : La solution ? L'appel des forêts, des tonneaux ; "ce mouvement de repli sur son âme..." "...se réconcilier avec l'essentiel". Toujours à haute-voix mais avec douceur cette fois. Un poème apaisant. Calme et sérénité. Aboutissement. Et decrescendo la diction ralentit en plus. Puis se tait, arrivée à bon port... la sagesse.
Troisième partie : Explication du Pourquoi de l'écrit et cheminement de l'entreprise. De la commande à la création théâtrale (comme quoi, j'avais eu raison de déclamer). Lecture silencieuse.
22 octobre 2009
L'autodidacte prétentieux
Déjà paru chez Claudiogène le 25 janvier 2007
Pourquoi un prétentieux m’est-il plus insupportable s’il est
autodidacte ?
C’est ainsi.
Son côté "je m’suis fait tout seul ", ce besoin
de mettre en avant ce qu’il a fait, vécu, subi, l’habille d’une vulgarité qui
fait fuir.
Parfois, il se voit "en haut de l’affiche".
Souvent, il recherche l’adversité pour « prouver que »
Sans combat, il ne sait pas se construire.
Et lorsqu’il parvient à matérialiser une réussite, il s’en va
le crier sur tous les toits, comme si montrer, c’était démontrer.
Il finit par
se croire génial, ne sait plus s’arrêter et transforme la frustration qu’il
avait de n’avoir pas fait d’études en mépris pour les intellectuels, énarques
et autres universitaires, qu’il enferme dans le même sac.
"Moi, je", c’est le début de son alphabet.
Pour peu, qu’on vienne l’arroser de compliments, ébahi que l’on est devant tant de persévérance, de hargne et de courage, et il n’aura plus de respect que pour les réussites orgueilleuses concrétisées à la force du poignet.
Le paraître et la recherche d’un statut, d’un titre, d’une reconnaissance comme on dit facilement aujourd’hui, comblent son quotidien.
Au bout du compte, on retiendra son combat, car, il est de bon ton, pour les autres, les instruits, les érudits, de reconnaître, avec un mépris déguisé, autant d’authenticité.
L’ascenseur social en panne, il a pris l’escalier et est arrivé quand même parmi les premiers, parce que Monsieur est débrouillard, malin et opportuniste. Mais, arrivé où, à quoi, comment ?
Parti de rien, il a cherché à posséder et paraître. Il n’a laissé aucune place au travail de fond qui lui aurait permis d’être.
La frustration ne justifie pas la prétention. La résilience n’implique pas le combat.
Dans ce cas de figure, comme dans beaucoup d’autres, la fin ne justifie pas les moyens.
A l’instar des chanteurs de bobos qui "font aussi partie du lot", qui sait si l’autodidacte que je suis… Parmi les autodidactes, le prétentieux reste une minorité… Ouf ! Tant mieux.























