05 novembre 2009
Les marrons n'ont plus d'odeur
Déjà paru chez Claudiogène le 23 novembre 2007
Les rues perpendiculaires se croisent toujours mais souvent passent leur chemin.
Il était viscéralement « non-fumeuse ». Elle était passionnément « brun-ténébreux ».
Les regards firent leur travail de regards et les phéromones leur travail de phéromones.
Jusque là, tout allait comme il fallait, bien.
Tout allait bien.
Les corps s'attiraient donc, et les ombres se touchèrent les premières.
Mais les aimants ne faisant pas forcément des amants, la danse s’arrêta net.
Les doigts multicolores du gant de la main droite avait pris en sandwich une cigarette assassine.
"Faute, se dit-il, y'a faute !"
Il prit la tangente et quitta le carrefour.
Dans un éclat de rire nerveux, elle s’adressa trop fort au vendeur de marrons chauds.
Il ne put néanmoins empêcher son cou de faire une circonvolution machiste.
Soulagé. Il n’avait rien à regretter.
Elle avait le verbe haut et le cul bas.
Les marrons n'avaient, tout à coup, plus d'odeur.
Commentaires
Sous les marrons le fondant
Quand je pense qu'il est peut-être passé à côté de la femme de sa vie... C'est bête de se fier aux apparences, qu'elles aient ou pas des odeurs...
Et si l'intuition flairait les appâts rances ?
J'adore ce texte,drôle et poétique à la fois.
"Les ombres se touchèrent les premières", c'est joli !
Et puis "elle avait le verbe haut et le cul bas", ça arrête le rêve d'un coup d'un seul !!
Je vais, de ce pas, fouiner sur ton blog à la recherche d'autres textes...
A bientôt
Sophie
Eloge d'une rencontre manquée sur fonds d'odeurs de marrons, un joli tableau en plein air avec voix et fumée !
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