Déjà paru chez Claudiogène le 20 février 2008

Les femmes sont plus belles dans les aéroports.
Et les larmes plus chaudes aux portes des embarquements.
Plus luxueux qu'un quai de gare, le Terminal livre sa fonction en disant son nom.
Les portes coulissantes guillotinent les couples et séparent les passions.
Coupleret.
Exécution... publique.
Place de Grève, souvent des grèves. Pour pendre l'heure, l'air est grave.
La sentence est toujours la même.
L'un s'en va et c'est souvent le même.
L'autre reste et c'est souvent le même.
L'un aime et le dit. L'autre le dit aussi.
La foule désordonnée mais obéissante va se faire déshabiller, scanner, fouiller, contrôler.
Les yeux qui restent, chauffent. La porte coupe le fil et l'être aimé est un autre, différent, indépendant.
Après quelques ballets d'essuie-glaces, les bras finissent par retomber et faire demi-tour.
Les femmes sont plus belles dans les aéroports, même celles qui restent.

L'un part, vers le possible et l'autre reste, dans le vide.
Un esprit s'occupera l'esprit quand impatient patientera.
Paradoxe absurde : "Pourquoi tu m'abandonnes ?" a dit le voyageur.

Les femmes sont plus belles dans les aéroports, même celles des autres.

Seule note d'espoir subjectivement interprétée :
On prend l'avion pour prendre l'air, comme un espace de temps défini.
Quand en bateau, on prend le large, le retour n'est pas garanti.

Les femmes sont plus belles dans les aéroports.